Que voir à La Palma : les sites à retenir
La Palma occupe 708 km² pour environ 84 000 habitants, ce qui en fait la cinquième des Canaries par la taille et l'une des moins peuplées. Elle est surtout la plus escarpée de l'archipel : le Roque de los Muchachos culmine à 2 426 mètres à seulement 10 km de la côte. Cette pente explique tout le reste, du climat aux sentiers.
| Site | Où | Temps à prévoir | Réservation |
|---|---|---|---|
| Caldera de Taburiente | Centre | Une journée | Navette obligatoire pour Los Brecitos |
| Roque de los Muchachos | Nord | Une demi-journée | Non, mais route fermée par mauvais temps |
| Zone du volcan Tajogaite | Ouest | Une demi-journée | Selon les secteurs |
| Santa Cruz de La Palma | Est | Une demi-journée | Non |
| Forêt de Los Tilos | Nord-est | Une demi-journée | Non |
| Ruta de los Volcanes | Sud | Une journée | Navette de retour à prévoir |
| Piscines naturelles de La Fajana | Nord | Deux heures | Non |
| Salines et phare de Fuencaliente | Sud | Deux heures | Non |
On l'appelle l'Isla Bonita, et pour une fois le surnom touristique dit quelque chose de vérifiable : l'île entière est réserve de biosphère depuis 2002, son ciel est protégé par une loi votée en 1988, et son parc national date de 1954. Trois protections différentes sur un territoire grand comme un département français de poche.
Le corollaire, c'est que La Palma n'a jamais été construite pour le tourisme de masse. Pas de front de mer bétonné, pas de complexe all inclusive à la manière de Fuerteventura. Environ 300 000 visiteurs par an, contre plus de 6 millions à Tenerife. On y vient pour marcher, pas pour bronzer.
La Caldera de Taburiente, le cœur de La Palma
Ce n'est pas un cratère volcanique mais un cirque d'érosion, creusé pendant des centaines de milliers d'années par le ruissellement : 8 km de diamètre, 1 500 mètres de profondeur, des parois où s'accrochent des pins canariens. Le parc national créé en 1954 est l'un des plus anciens d'Espagne.
La descente classique part du mirador de Los Brecitos et rejoint le barranco de Las Angustias en 16 km, en passant par la Cascada de los Colores, dont les parois sont teintées d'orange et de vert par les oxydes de fer. Comptez six à sept heures de marche. Le dénivelé est presque entièrement négatif, ce qui use les genoux plus que les mollets : des bâtons changent la journée.
Pour une version courte, le mirador de La Cumbrecita donne une vue plongeante sur la caldeira après vingt minutes de marche facile. L'accès en voiture y est contingenté en haute saison et demande lui aussi une réservation, gratuite, à prendre en ligne quelques jours avant.
Le camping de l'Hoyo del Barranco, au fond du cirque, permet de dormir à l'intérieur du parc. Les places sont limitées et l'autorisation se demande auprès du centre des visiteurs d'El Paso. C'est la seule façon de voir la caldeira de nuit, et c'est un spectacle que très peu de visiteurs connaissent.
Le Roque de los Muchachos et le ciel de La Palma
Au sommet de l'île, l'observatoire du Roque de los Muchachos abrite une quinzaine de télescopes exploités par une vingtaine de pays. Le Gran Telescopio Canarias, avec son miroir segmenté de 10,4 mètres, reste le plus grand télescope optique du monde.

Trois facteurs expliquent que les astronomes se soient installés ici plutôt qu'ailleurs. L'altitude place les instruments au-dessus de la couche d'inversion, là où l'air est sec. Les alizés soufflent régulièrement, ce qui limite la turbulence atmosphérique. Et la loi du ciel de 1988, la première au monde en la matière, encadre l'éclairage public de toute l'île, jusqu'à la couleur des lampadaires.
Pour le visiteur, cela se traduit par des nuits d'une noirceur rare en Europe. Les miradors astronomiques aménagés, à Llano del Jable ou au Roque de los Muchachos, permettent d'observer sans équipement : la Voie lactée y est visible à l'œil nu la plupart des nuits sans lune. Des sorties encadrées avec télescope sont proposées depuis Los Llanos et Fuencaliente.
La route qui monte au sommet est spectaculaire mais exposée : elle ferme dès qu'il neige ou que le vent forcit, ce qui arrive plusieurs fois par hiver. Vérifiez son état avant de partir et emportez une veste, car il peut y faire 15 degrés de moins qu'au niveau de la mer.
Le volcan Tajogaite, ce qu'on peut voir aujourd'hui
Le 19 septembre 2021, une fissure s'ouvre sur le flanc ouest de Cumbre Vieja. L'éruption dure 85 jours, la plus longue jamais enregistrée sur l'île. Elle détruit environ 3 000 bâtiments, recouvre 1 200 hectares de terres agricoles et de villages, et ajoute 48 hectares gagnés sur l'océan par les coulées qui atteignent la mer.
Le cône porte aujourd'hui le nom de Tajogaite. Une partie de la zone se visite, avec des points de vue aménagés sur les coulées figées, les cheminées de dégazage encore tièdes et les toits de maisons qui affleurent à travers la lave. Le mirador de Tajuya et celui de Las Manchas offrent les vues les plus lisibles sur l'ampleur de la coulée.
D'autres secteurs restent fermés, pour la sécurité mais aussi par égard pour des habitants qui n'ont pas tous retrouvé un logement. Beaucoup de bananeraies du sud de l'île ont été ensevelies, et la reconstruction des routes s'est faite par-dessus la lave. Ce n'est pas un site touristique comme un autre : c'est un endroit où des gens ont perdu leur maison il y a peu.
Réserver sur le Tajogaite et l'île
Les secteurs proches du cône ne se parcourent qu'accompagné. Les sorties ci-dessous sont encadrées et partent des accès autorisés.
Randonnée guidée au volcan TajogaiteL'itinéraire officiel avec guide agréé, seul moyen d'approcher le cône de 2021 en sécurité.4,8 sur 5, 2 204 avis · 4 h · annulation gratuite38 €par personne
Observation du cielSous le ciel protégé par la loi de 1988, avec télescope et accompagnement.4,2 sur 5, 175 avis · 1,5 h · annulation gratuite38 €par personne
Tube volcanique de la Cueva de Las PalomasUne descente dans une coulée creuse, casque et lampe fournis. Praticable en famille.4,7 sur 5, 699 avis · 2 h · annulation gratuite25 €par personne
Sortie cétacés avec un biologiste marinTrois heures le long de la côte ouest, avec commentaire scientifique.4,5 sur 5, 1 168 avis · 3 h · annulation gratuite60 €par personne
Le risque de tsunami à La Palma : ce que dit la science
La question revient à chaque éruption et mérite une réponse claire plutôt qu'un silence gêné. Elle vient d'un article publié en 2001, qui envisageait l'effondrement d'un bloc de 500 km³ du flanc ouest de Cumbre Vieja et une vague traversant l'Atlantique jusqu'aux côtes américaines.
Ce scénario est très minoritaire dans la littérature scientifique. Les travaux publiés depuis, notamment ceux de l'Institut géologique et minier espagnol, aboutissent à trois conclusions convergentes : un effondrement d'un seul bloc est jugé improbable, un glissement se produirait plutôt par étapes successives étalées dans le temps, et l'onde générée resterait d'ampleur régionale.
L'éruption de 2021, suivie en continu par les instruments, n'a produit aucun mouvement significatif du flanc. L'île est par ailleurs l'une des zones volcaniques les mieux surveillées d'Europe, avec un réseau permanent de sismomètres, de GPS et de capteurs de gaz. Une éruption future est probable à l'échelle des décennies, mais elle serait détectée des jours ou des semaines à l'avance, comme celle de 2021 l'a été.
Les randonnées à La Palma, île par sentier
Environ 1 000 km de sentiers balisés pour 708 km² : c'est cette densité qui fait la réputation de l'île auprès des marcheurs. Deux GR la traversent, le GR 130 en boucle côtière sur les anciens chemins royaux, et le GR 131 sur la ligne de crête, du sud au nord.

Ruta de los Volcanes
Los Tilos et le tunnel
La Caldera par Los Brecitos
Volcán San Antonio et Teneguía
Marcos y Cordero
Roque de los Muchachos par le GR 131
Deux détails qui changent une journée. Beaucoup de sentiers sont des allers simples entre deux points éloignés, et le réseau de bus ne les relie pas : les navettes de marcheurs, réservables la veille, sont la solution locale. Et la météo diffère radicalement d'un versant à l'autre, le nord-est étant humide quand l'ouest est sec.
Les plages de La Palma et où se baigner
La Palma n'est pas une île de plages, et il vaut mieux le savoir avant de réserver. La côte tombe à pic dans l'océan, le sable est noir, et la houle atlantique se fait sentir sur toute la façade ouest. Ceux qui cherchent des kilomètres de sable clair regarderont plutôt du côté de Fuerteventura.
Cela dit, il y a de quoi nager. Puerto Naos, à l'ouest, offre la plus longue plage aménagée de l'île, avec drapeau bleu et eau généralement calme. Los Cancajos, près de l'aéroport, est l'option la plus pratique depuis Santa Cruz, avec des criques abritées par des digues. La playa de Nogales, au nord-est, se mérite par un escalier raide et récompense par un décor de falaises, mais les courants y sont sérieux.
Le nord compense autrement, avec ses piscines naturelles creusées dans la lave et protégées de la houle par des digues basses. La Fajana, à Barlovento, et Charco Azul, à San Andrés y Sauces, sont les deux références. On y nage dans de l'eau de mer renouvelée à chaque marée, sans se battre contre les vagues.
Quand partir à La Palma, Canaries
Le climat côtier ne varie presque pas : entre 18 et 26 degrés toute l'année. Ce qui change, c'est l'altitude et le versant. La même journée peut donner 24 degrés à Santa Cruz et 8 degrés au Roque de los Muchachos, avec du vent en prime.
| Période | Ce qui marche | Ce qui coince |
|---|---|---|
| Mars à juin | Randonnée, ciel stable, végétation verte | Rien de notable |
| Juillet et août | Nuits claires, mer chaude | Chaleur en journée, prix hauts, calima possible |
| Septembre à novembre | Mer la plus chaude, sentiers dégagés | Averses possibles en fin de période |
| Décembre à février | Peu de monde, laurisylve luxuriante | Pluie au nord-est, route du Roque parfois fermée |
Les deux meilleures fenêtres sont donc mars à juin et septembre à novembre. Pour l'observation du ciel spécifiquement, les nuits les plus stables vont de mai à septembre. Le calendrier détaillé de l'archipel est dans notre guide quand partir aux Canaries.
Santa Cruz de La Palma et les villages de l'île
La capitale compte 15 000 habitants et un centre historique qui se parcourt en une heure. La Calle Real, rue piétonne bordée de maisons à balcons de bois sculpté, en est l'axe. Le front de mer aligne des façades colorées et une réplique de caravelle qui abrite un petit musée naval.

Ce statut de port explique la richesse architecturale d'une ville de cette taille. Tout le commerce vers les Amériques transitait par ici, ce qui lui a valu aussi les attaques de corsaires et un incendie en 1553.
Los Llanos de Aridane, sur le versant ouest, est la commune la plus peuplée avec 21 000 habitants. Son centre s'est couvert de fresques murales et son marché reste le plus animé de l'île. Fuencaliente, au sud, vit du vin de malvoisie et des salines dont les bassins roses tranchent sur la lave noire. Tazacorte, en contrebas de Los Llanos, revendique le plus fort ensoleillement de l'archipel et aligne ses bananeraies jusqu'à la mer.
Tous les cinq ans, Santa Cruz célèbre la Bajada de la Virgen, une fête qui dure un mois. Son moment le plus attendu est la Danza de los Enanos, où des danseurs se transforment en nains en quelques secondes derrière un décor. La prochaine édition a lieu en 2030.
Que manger et boire à La Palma
Le vin de malvoisie de Fuencaliente est le produit signature de l'île. Les vignes poussent sur des cendres volcaniques, souvent en pied franc parce que le phylloxéra n'a jamais atteint l'archipel. Plusieurs bodegas du sud se visitent et vendent directement.
Côté table, on retrouve les classiques canariens, papas arrugadas et mojos, avec deux spécialités locales. Le queso palmero, un chèvre fumé au bois de figuier ou d'amandier, bénéficie d'une appellation protégée. Et l' almogrote, une pâte de fromage sec, ail et piment, se tartine à l'apéritif.
Le poisson se mange au port de Tazacorte ou à Puerto de Naos, souvent grillé entier et facturé au poids. Comptez 12 à 18 euros pour un menu du jour complet dans un restaurant de village.
Organiser son voyage à La Palma
Comment aller à La Palma
Aucun vol direct depuis la France. L'aéroport de Santa Cruz de La Palma (SPC) est relié à Tenerife, Gran Canaria et Madrid, principalement par Binter, en 30 à 40 minutes de vol depuis les îles voisines. Le ferry rejoint Los Cristianos à Tenerife en environ 2 h 30. Prévoyez une correspondance et une demi-journée de trajet depuis Paris.
Se déplacer sur l'île
La voiture est nécessaire. Le réseau de bus relie les principales localités mais avec des fréquences faibles, et il ne dessert pas les départs de sentiers. Les routes sont bonnes, très sinueuses et souvent en forte pente : comptez une heure pour traverser du nord au sud, davantage si vous montez au Roque. Le tunnel de la Cumbre relie Santa Cruz à Los Llanos et évite le col.
Où dormir
Santa Cruz pour la vie de ville et le ferry, Los Llanos pour être près de la Caldera et du volcan, Fuencaliente pour le calme et le ciel, Barlovento pour le nord vert. Les gîtes ruraux, appelés casas rurales, sont la formule la plus répandue et souvent la plus agréable. Comparer les hébergements sur l'île donne rapidement l'ordre de prix par secteur.
Quel budget prévoir
| Poste | Par jour |
|---|---|
| Hébergement, casa rural ou hôtel simple | 50 - 90 EUR |
| Voiture de location | 20 - 35 EUR |
| Repas, menu du jour et courses | 35 - 60 EUR |
| Navettes, visites, sortie astronomie | 0 - 40 EUR |
La Palma reste l'une des îles les moins chères de l'archipel une fois sur place, l'accès étant le poste qui coûte le plus. Le détail par poste se trouve dans notre guide du coût de la vie aux Canaries, et si l'île vous donne envie d'y rester, la page s'installer à La Palma prend le relais.
