Le môle et le clocher de l'église Santa Ana de Garachico au bord de la coulée de lave, côte nord de Tenerife
Tenerife

Garachico, Tenerife : les piscines naturelles et le village

Une coulée de lave a comblé le port en 1706 et laissé des bassins d'eau de mer au pied des maisons. On s'y baigne encore, quand la houle le permet.

1706
l'éruption qui a comblé le port
El Caletón
piscines naturelles, accès gratuit
2 h
pour le village à pied

Ce qu'on vient voir à Garachico

Garachico tient sur une langue de terre que la lave a fabriquée, au pied d'une falaise de six cents mètres, sur la côte nord-ouest de Tenerife. Tout ce qui fait sa réputation tient sur huit cents mètres de front de mer, dans l'ordre où on le croise en arrivant par le môle.

  • Les piscines naturelles d'El Caletón. Des bassins d'eau de mer pris dans la lave refroidie, reliés par des passerelles et des escaliers de béton. Gratuits, ouverts, et fermés dès que la mer grossit.
  • Le château de San Miguel. Un petit fort carré du XVIe siècle, posé sur la roche noire face au large. Il a résisté à la coulée qui a détruit le reste du port et abrite aujourd'hui des expositions.
  • Le Roque de Garachico. L'îlot volcanique planté à trois cents mètres au large, réserve naturelle interdite au débarquement. C'est lui qui donne au front de mer sa silhouette reconnaissable.
  • La place de la Liberté. Le centre de la vie du village, sous des lauriers d'Inde taillés bas, avec son kiosque, son couvent et ses terrasses.
  • Le couvent de San Francisco. Cloître du XVIe siècle à deux niveaux de galeries en bois, devenu maison de la culture. L'entrée est libre et peu de visiteurs y montent.
  • La Puerta de Tierra. L'ancienne porte du port, avec son pressoir à vin et son ancre, aujourd'hui échouée dans un jardin à cent mètres de la mer. C'est la trace la plus parlante de ce que la lave a recouvert.

Le reste du village se visite au hasard des ruelles : maisons blanches à balcons de bois sombre et portails de pierre volcanique. Quelques palais datent du temps où Garachico exportait le malvoisie vers l'Angleterre.

Se baigner à El Caletón : c'est la houle qui décide

C'est la raison numéro un de rater sa visite. Les piscines naturelles de Garachico ne sont pas protégées par une digue : ce sont des creux de lave ouverts sur l'Atlantique, et la mer y entre directement. Par temps calme, les bassins sont turquoise et immobiles. Par forte houle, ils sont balayés, et la mairie ferme les accès.

Ce que la houle change à El Caletón

Le nord de Tenerife reçoit les houles de l'Atlantique nord, fortes d'octobre à mars. La hauteur annoncée dans les prévisions marines suffit à savoir si vous nagerez ou non.

La ligne pointillée est la margelle du bassin. En ocre, la part de houle qui passe par-dessus.
Sous 1 mètre

Baignade telle qu'on l'imagine

L'eau se renouvelle par les brèches sans faire de vagues, le fond reste visible, les escaliers sont praticables. C'est l'état de mer des photos qui circulent, et il est plus fréquent de mai à septembre.

De 1 à 2 mètres

Grand bassin seulement

La mer passe par-dessus la margelle par à-coups. Le grand bassin reste souvent praticable, les vasques côté ouest se vident et se remplissent brutalement. Les dalles sont glissantes et les paquets d'eau surprennent les enfants.

Au-dessus de 2 mètres

Accès fermé

Les passerelles sont submergées, les barrières sont posées et la promenade du front de mer peut elle-même être interdite. Chaque hiver, des visiteurs se font emporter en s'approchant pour filmer les gerbes.

Regardez la hauteur de houle la veille au soir plutôt que la météo : il fait souvent beau à Garachico pendant que la mer est impraticable. En cas de fermeture, les piscines municipales aménagées juste à côté, elles, restent ouvertes.

Les piscines naturelles d'El Caletón creusées dans la lave noire de Garachico, face au Roque, à Tenerife
La bande de lave qui porte les bassins d'El Caletón. Le Roque de Garachico est au large, à gauche, et les piscines municipales sont les deux rectangles bleus au bord de la route.

Le centre historique à pied, en une heure trente

Le centre ancien est compact et presque plat, ce qui est rare dans le nord de l'île. Ce parcours part du parking du môle et revient au même point, sans jamais reprendre la voiture.

  1. 1

    Le château de San Miguel

    Le point de départ logique, à l'extrémité ouest. Montez sur la terrasse : de là, on comprend d'un coup d'œil la forme de la coulée et la position de l'ancien port, à l'endroit où s'étend maintenant le parking.

  2. 2

    Le front de mer et El Caletón

    Cinq cents mètres de promenade le long des bassins, entre les blocs de lave et les échelles de fer. C'est le meilleur moment pour juger de l'état de la mer avant de décider si vous vous baignerez au retour.

  3. 3

    La place de la Liberté

    On remonte d'une rue. Kiosque au centre, lauriers taillés, église de Santa Ana sur un côté et couvent de San Francisco sur l'autre. C'est là que se trouvent les terrasses et l'office de tourisme.

  4. 4

    Le couvent de San Francisco

    Le cloître à galeries de bois, la petite collection d'histoire naturelle à l'étage et les photos de la ville avant la coulée. Entrée libre, quinze minutes suffisent.

  5. 5

    La Puerta de Tierra et le parc

    Deux rues plus haut, l'arche de pierre par laquelle les marchandises quittaient le quai. La mer était à ses pieds ; elle est aujourd'hui à cent mètres, derrière la lave. À côté, un pressoir à vin rappelle ce qui s'exportait d'ici.

  6. 6

    Les ruelles et le retour au môle

    Redescendez par les rues parallèles au front de mer, celles des balcons de bois et des portails sculptés, jusqu'au palais des comtes de La Gomera et à la Quinta Roja.

Le village vit à l'heure espagnole : les commerces ferment entre quatorze et dix-sept heures, et les terrasses de la place se remplissent en fin d'après-midi. Le matin, le nord de Tenerife est souvent sous une couche de nuages bas qui se lève vers onze heures. Pour la photographie comme pour la baignade, le milieu d'après-midi est le meilleur créneau, ce qui se vérifie sur toute la façade nord de l'île comme l'explique notre page quand partir aux Canaries.

1706 : l'éruption qui a tué le port

Pendant deux siècles, Garachico a été le premier port de Tenerife. Le mouillage naturel y était abrité, et le vin de malvoisie du nord de l'île partait d'ici vers l'Europe et les Amériques. La ville était riche, dotée de couvents et de palais, et sa bourgeoisie marchande était génoise et flamande.

Le 5 mai 1706, une fissure s'ouvre sur les hauteurs, au-dessus du village. La lave descend la falaise en plusieurs bras pendant plusieurs jours. Elle emporte une partie des maisons, coule dans la baie et comble le port. Les habitants ont eu le temps de fuir, et l'éruption n'a pratiquement pas fait de victimes, mais l'économie du village s'est arrêtée ce jour-là. Le trafic maritime est passé à Puerto de la Cruz, qui ne l'a jamais rendu.

Vue aérienne de Garachico bâti sur la coulée de lave de 1706, avec ses piscines naturelles et son môle, Tenerife
Toute la partie basse du village, le môle et les bassins reposent sur la lave de 1706. Avant l'éruption, la mer arrivait au pied des maisons blanches, en haut de l'image.

Ce que vous foulez en vous promenant sur le front de mer est donc du terrain neuf, à l'échelle de l'île. Les bassins d'El Caletón sont les creux que la coulée a laissés en refroidissant au contact de l'eau. Le môle et son parking occupent l'ancienne rade. Garachico s'est reconstruit sur sa propre catastrophe, ce qui lui a valu la médaille d'or des beaux-arts et une place parmi les plus beaux villages d'Espagne.

Tenerife n'a plus connu d'éruption depuis 1909, au Chinyero, à quelques kilomètres au sud de Garachico. Le volcanisme de l'île reste surveillé en continu, comme nous le détaillons sur la page du Teide.

Combien de temps prévoir, et quand venir

Le découpage dépend surtout de la place que vous donnez à la baignade.

FormuleDuréeCe que vous voyez
Arrêt sur la route du nord1 hLe front de mer, le château vu de l'extérieur, un café sur la place.
Le village à pied2 h à 2 h 30Le parcours complet du centre ancien, couvent et Puerta de Tierra compris.
Village et baignadeUne demi-journéeLe parcours, deux heures à El Caletón et un déjeuner de poisson.
Journée côte nord-ouestUne journéeGarachico, Icod de los Vinos et son drago, puis Masca ou la pointe de Teno.

Côté saison, tout se joue sur la mer plutôt que sur la température, qui varie peu. De mai à septembre, l'Atlantique est le plus souvent calme et les bassins sont praticables la majorité des jours. D'octobre à mars, les houles longues du nord se succèdent et il faut accepter de venir sans se baigner, ou de décaler d'un jour ou deux.

Beaucoup de visiteurs logent dans le sud et montent au nord à la journée, ce qui fait deux heures de route aller-retour. Si Garachico et le nord vous intéressent vraiment, deux nuits sur place ou à Puerto de la Cruz changent complètement le séjour. Vous pouvez comparer les hébergements à Garachico et autour pour arbitrer entre les deux versants de l'île.

Y aller et se garer

Garachico se rejoint par la TF-42, l'ancienne route côtière, ou par la TF-5 puis la descente depuis Icod de los Vinos. La route de la falaise descend en lacets et se parcourt lentement. Comptez large si vous arrivez du sud.

DépartDistanceTemps de route
Icod de los Vinos7 km12 min par la TF-42
Puerto de la Cruz30 km35 à 40 min par la TF-5
Santa Cruz de Tenerife60 km50 min à 1 h
Costa Adeje et Los Cristianos60 km1 h par la TF-1 puis la TF-82
Masca35 km50 min par Santiago del Teide

Le stationnement se concentre sur le môle, à l'ouest du village : un grand parking gratuit gagné sur la lave, juste en face du château. Il se remplit entre onze heures et quinze heures en haute saison et le dimanche, quand les familles de l'île descendent aux piscines. Arriver avant onze heures ou après seize heures règle le problème. Le reste du stationnement tient dans des bandes le long du front de mer, et le centre ancien se fait à pied de toute façon.

La journée nord-ouest : Garachico, Icod et Masca

Garachico seul ne remplit pas une journée. Les deux sites qui se trouvent à portée immédiate tiennent la journée entière. C'est l'enchaînement que nous conseillons à ceux qui ne montent au nord qu'une fois.

  1. 1

    9 h, Icod de los Vinos

    À douze minutes de route. Le drago milenario, arbre-dragon multicentenaire, se voit gratuitement depuis la place de l'église ; le jardin payant n'ajoute pas grand-chose. Le centre ancien et ses bodegas valent la demi-heure supplémentaire.

  2. 2

    11 h, Garachico

    Le parcours du village pendant que le nuage bas se lève, puis la baignade à El Caletón si la mer le permet. Déjeuner de poisson sur le front de mer.

  3. 3

    15 h, la route de Masca

    Par Santiago del Teide, cinquante minutes d'une route de crête en lacets jusqu'au hameau de Masca, accroché dans son ravin. Les miradors du parcours valent autant que l'arrivée.

  4. 4

    Variante, la pointe de Teno

    Si Masca est saturé, la punta de Teno et son phare offrent la plus belle fin de journée de l'île. L'accès en voiture particulière est réglementé selon les heures et la saison, renseignez-vous le matin même.

Le drago milenario d'Icod de los Vinos, arbre-dragon multicentenaire, sur la côte nord de Tenerife
Le drago milenario d'Icod de los Vinos, à douze minutes de Garachico. On le voit entièrement depuis la place publique, sans passer par le jardin payant.

Si vous préférez ne pas conduire la route de Masca, plusieurs excursions organisées au départ de Tenerife couvrent la côte nord-ouest à la journée, Garachico compris. Elles se réservent généralement la veille. Pour situer ces étapes les unes par rapport aux autres, notre carte de Tenerife montre le découpage nord-sud et les distances réelles.

Où manger à Garachico

Deux ambiances, à deux rues d'écart. Le front de mer, face aux bassins, aligne des terrasses tournées vers le Roque : poisson du jour au poids, vieja, cherne, sama, servi avec les papas arrugadas et les deux mojos, le rouge piquant et le vert à la coriandre. C'est là que les prix montent le plus en haute saison, vue oblige.

Autour de la place de la Liberté et dans les ruelles derrière, les adresses sont plus modestes et plus fréquentées par les habitants : menu du jour à midi, ragoûts canariens, fromage de chèvre grillé au mojo. Le vin local vient des coteaux juste au-dessus, appellation Ycoden-Daute-Isora, et se commande au verre sans se ruiner.

Réservez pour le dimanche midi, jour où les familles de l'île descendent en nombre. En semaine, arriver à treize heures trente suffit presque toujours.

Questions fréquentes sur Garachico

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