Immeubles du front de mer de Puerto de la Cruz, au nord de Tenerife
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Acheter un bien immobilier aux Canaries

Prix par île, frais réels, et les deux pièges propres à l'archipel : le zonage touristique et les constructions en sol rural.

Les prix de l'immobilier aux Canaries

Le marché canarien s'est nettement tendu depuis 2021, porté par la demande étrangère et par l'arrivée de travailleurs à distance. L'écart entre les zones s'est creusé davantage encore que le niveau moyen n'a monté.

Ordres de grandeur au mètre carré, à l'achat
ZonePrix indicatif au m²Dynamique
Sud de Tenerife, Costa Adeje2 800 - 3 800 EURLa zone la plus chère et la plus demandée
Las Palmas de Gran Canaria2 300 - 3 200 EURTension forte près de Las Canteras
Santa Cruz de Tenerife1 900 - 2 600 EURMarché local, moins spéculatif
Nord de Tenerife1 700 - 2 400 EURLe meilleur rapport des grandes îles
Lanzarote et Fuerteventura2 000 - 2 900 EUROffre limitée, forte demande étrangère
La Palma, La Gomera, El Hierro1 100 - 1 800 EURMarché étroit, transactions rares

Deux remarques sur la lecture de ces chiffres. D'abord, la dispersion à l'intérieur d'une même commune est énorme : un appartement avec vue mer et un logement à trois rues de là peuvent varier de 40 %.

Ensuite, le marché est peu liquide sur les îles occidentales. Peu de transactions signifie des références de prix fragiles, des délais de vente longs, et une difficulté réelle à revendre rapidement. C'est un point à peser si l'achat n'est pas destiné à durer.

Les frais d'acquisition réels

La règle pratique est simple : ajoutez 8 à 10 % au prix affiché. Le détail dépend surtout du caractère neuf ou ancien du bien, qui change la nature de l'impôt dû.

Décomposition des frais d'acquisition
PosteBien ancienBien neuf
Impôt principalImpôt de transmission patrimonialeIGIC au taux applicable
Actes juridiques documentésSans objetApplicable
Notaire0,5 - 1 % selon le prix0,5 - 1 %
Registre de la propriété0,3 - 0,5 %0,3 - 0,5 %
Avocat ou gestor1 - 1,5 %1 - 1,5 %
Frais bancaires si financement1 - 2 %1 - 2 %

Le taux canarien de l'impôt de transmission est inférieur à celui de plusieurs autres communautés autonomes espagnoles, ce qui rend l'acquisition dans l'ancien relativement moins coûteuse qu'ailleurs en Espagne. Comme il s'agit d'un impôt régional, son taux peut être révisé par le gouvernement des Canaries : vérifiez le taux en vigueur au moment de votre projet.

Les étapes d'un achat aux Canaries

  1. 1

    Obtenir le NIE et un compte bancaire

    Le NIE est exigé de chaque acheteur avant la signature, sans exception. Un compte espagnol facilite les paiements et les prélèvements ultérieurs, taxe foncière et charges comprises.

    Obtenir son NIE→
  2. 2

    Vérifier le bien avant toute réservation

    Nota simple du registre de la propriété, situation urbanistique auprès de la mairie, charges de copropriété, dettes éventuelles et destination autorisée du logement.

  3. 3

    Signer un contrat de réservation

    Il bloque le bien contre une somme modeste. C'est déjà un engagement : faites-le relire avant de signer, notamment sur les conditions de restitution.

  4. 4

    Le contrat privé d'arrhes

    Le contrato de arras fixe le prix, le calendrier et les conditions. La formule usuelle prévoit que l'acheteur qui renonce perd son acompte et que le vendeur qui renonce le rembourse au double.

  5. 5

    La signature chez le notaire

    L'escritura pública est signée devant notaire, avec paiement du solde. Une procuration notariée permet de se faire représenter si vous ne pouvez pas être présent.

  6. 6

    Impôts et inscription au registre

    L'impôt de mutation se paie dans un délai court après l'acte, puis le bien est inscrit au registre de la propriété. C'est cette inscription qui rend votre droit opposable.

Une différence essentielle avec la France : le notaire espagnol ne conduit pas les vérifications préalables pour votre compte. Il authentifie l'acte et contrôle la légalité formelle. La recherche des charges, des servitudes et de la conformité urbanistique relève de votre avocat.

Les deux pièges propres aux Canaries

Au-delà des précautions habituelles, l'archipel présente deux risques spécifiques que les acheteurs français découvrent souvent trop tard.

Immeubles résidentiels de Puerto de la Cruz devant les cultures en terrasses
La destination d'un logement, résidentielle ou touristique, est inscrite dans les documents d'urbanisme et ne se déduit pas de son apparence.

Le zonage touristique. Dans certaines zones classées touristiques, la réglementation restreint l'usage résidentiel permanent des logements situés dans des complexes destinés à l'exploitation touristique. Acheter un appartement dans un complexe de ce type pour y vivre à l'année peut se heurter à sa destination légale. Cela n'apparaît ni sur l'annonce ni à la visite : cela se vérifie auprès de la mairie.

Les constructions en sol rural. Beaucoup de maisons vendues avec vue, terrain et prix attractif se trouvent sur du sol rural ou protégé, où la construction était interdite ou soumise à des conditions. Certaines n'ont jamais été régularisées. Le bien peut être vendu, habité, et rester juridiquement fragile, avec un accès au crédit et à l'assurance compliqué.

Louer son bien : ce qui est autorisé

Beaucoup d'achats reposent sur un projet de location saisonnière. Or c'est précisément le domaine où la réglementation canarienne s'est le plus durcie.

Location touristique

Elle suppose une inscription au registre régional des logements vacanciers et le respect de conditions techniques. Plusieurs communes limitent ou suspendent les nouvelles autorisations.

Le règlement de copropriété

De nombreuses communautés interdisent la location touristique dans leurs statuts. Cette interdiction prime sur votre projet, quelle que soit la réglementation publique.

Location longue durée

Beaucoup plus simple juridiquement, mais encadrée par la loi espagnole sur les baux urbains, qui protège fortement le locataire sur la durée.

Fiscalité des loyers

Les résidents de l'Union européenne peuvent déduire les charges liées au bien, ce qui n'est pas le cas des résidents de pays tiers. Le régime dépend donc de votre résidence fiscale.

La conséquence pratique est nette : si la rentabilité de votre achat repose sur la location touristique, vérifiez l'autorisation avant de signer, et pas seulement la réglementation générale. Le règlement de la copropriété concernée est le document déterminant.

La fiscalité de la détention et de la revente

Posséder un bien aux Canaries entraîne des obligations annuelles, y compris si vous n'y résidez pas et si le logement reste vide.

  • Impôt des non-résidents, déclaré chaque année. Sans location, la base est un revenu théorique calculé sur la valeur cadastrale. Avec location, ce sont les loyers perçus.
  • IBI, la taxe foncière communale, prélevée par la mairie sur la valeur cadastrale.
  • Charges de copropriété, souvent significatives dans les résidences avec piscine, jardins ou sécurité.
  • Retenue à la revente : lorsqu'un non-résident vend, l'acheteur doit retenir une part du prix et la verser au Trésor espagnol comme acompte sur l'impôt de plus-value.

S'ajoute une taxe communale sur la plus-value des terrains urbains, la plusvalía municipal, due à la revente et calculée par la mairie. Elle est généralement à la charge du vendeur, sauf accord contraire.

L'ensemble du cadre fiscal canarien, y compris l'IGIC et les régimes spécifiques, est détaillé dans notre guide de la fiscalité aux Canaries. Et si l'achat s'accompagne d'une installation, le parcours administratif est décrit sur notre page démarches.

Financer un achat aux Canaries

Les banques espagnoles prêtent aux acheteurs étrangers, mais la quotité dépend fortement de votre statut de résidence.

Conditions de financement usuelles
ProfilQuotité de financement usuelleRemarque
Résident fiscal en EspagneJusqu'à 80 %Conditions proches d'un dossier local
Non-résident européen60 à 70 %Apport plus élevé exigé
Non-résident hors Union50 à 60 %Dossier plus lourd, taux souvent supérieur

Les frais annexes du crédit, expertise du bien, frais de dossier, assurance, ajoutent généralement 1 à 2 % du montant financé. Depuis la réforme espagnole du crédit immobilier, une partie des frais autrefois supportés par l'emprunteur est passée à la charge de la banque, ce qui a assaini la comparaison entre offres.

Deux conseils de méthode. Faites établir une offre de principe avant de signer les arrhes, le calendrier de la vente étant contraint. Et comparez au moins trois établissements : les écarts de conditions entre banques espagnoles restent importants sur les dossiers de non-résidents.

Questions fréquentes sur l'immobilier aux Canaries

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