Que voir à La Gomera : l'essentiel
La Gomera couvre 370 km² pour environ 22 000 habitants et culmine à 1 487 mètres à l'Alto de Garajonay. Elle a la forme d'une orange fendue : une vingtaine de ravins profonds rayonnent du centre vers la mer, ce qui explique à la fois la beauté des paysages et la lenteur des routes.
| Site | Où | Temps à prévoir | Effort |
|---|---|---|---|
| Parc national de Garajonay | Centre | Une journée | Sentiers faciles à moyens |
| Mirador de Roque de Agando | Centre | 30 minutes | Aucun, accès en voiture |
| Valle Gran Rey | Sud-ouest | Une demi-journée | Aucun |
| San Sebastián de La Gomera | Est | 2 heures | Aucun |
| Agulo et Hermigua | Nord | Une demi-journée | Aucun |
| Los Órganos | Nord | Une demi-journée | Sortie en bateau |
| Playa de Santiago | Sud | Une demi-journée | Aucun |
| Alto de Garajonay, 1 487 m | Centre | 1 heure | Montée courte |
Le contraste avec sa voisine Tenerife est frappant. À 50 minutes de ferry, La Gomera reçoit environ trente fois moins de visiteurs, n'a pas de complexe balnéaire et compte plus de kilomètres de sentiers que de routes.
Le parc national de Garajonay
Créé en 1981 et classé au patrimoine mondial de l'Unesco en 1986, le parc protège 4 000 hectares de laurisylve, soit la plus vaste forêt de ce type au monde. Elle occupe environ 10 % de la surface de l'île.

Cette forêt vit d'un phénomène qu'on appelle la pluie horizontale : les arbres captent l'humidité de la mer de nuages sur leurs feuilles et la font goutter au sol. C'est ce mécanisme, plus que les précipitations, qui alimente les sources de l'île.
Le parc se parcourt par un réseau de sentiers bien balisés au départ du centre des visiteurs de Juego de Bolas, à La Palmita. La montée à l' Alto de Garajonay, à 1 487 mètres, prend une heure et donne par temps clair une vue sur quatre îles voisines.
Un incendie a détruit une partie du parc en 2012. La régénération est visible sur les secteurs touchés, avec des zones où la fougère domine encore le sous-bois. Les panneaux du parc l'expliquent sur place.
Réserver à Garajonay et depuis Tenerife
L'offre locale est réduite, et une bonne part des sorties part de Tenerife avec le ferry compris. Voici les deux cas de figure.
Parc national de Garajonay en petit groupeDepuis San Sebastián, avec les sentiers de laurisylve et l'Alto de Garajonay.4,4 sur 5, 111 avis · 5 h · annulation gratuite75 €par personne
Journée à La Gomera depuis TenerifeFerry et transferts compris. La formule qui évite d'organiser soi-même les deux heures de traversée aller-retour.4,5 sur 5, 240 avis · 11 h · annulation gratuite149 €par personne
Safari en jeep depuis AronaUne journée qui monte dans le parc par les pistes, pour qui veut couvrir l'île sans conduire.4,6 sur 5, 577 avis · 1 j · annulation gratuite150 €par personne
Valle Gran Rey et le sud de l'île
Valle Gran Rey est le ravin le plus spectaculaire de La Gomera : une vallée en V, cultivée en terrasses sur des centaines de mètres de hauteur, qui descend jusqu'à la mer entre deux parois de basalte.

Le fond de la vallée est couvert de palmiers canariens, exploités pour leur sève, dont on tire le miel de palma, un sirop brun qui accompagne les desserts et les fromages de l'île.

La station balnéaire de La Playa, à l'embouchure, a attiré à partir des années 1970 une population alternative européenne qui a laissé son empreinte : marchés artisanaux, cafés végétariens et rassemblements au coucher du soleil sur la plage du Charco del Conde.
Plus à l'est, Playa de Santiago est le secteur le plus sec et le plus ensoleillé de l'île, où se trouve le petit aéroport et l'un des rares hôtels de catégorie supérieure.
Le silbo gomero, le langage sifflé de La Gomera
Le silbo gomero est un langage sifflé qui reproduit la structure de l'espagnol, en transposant les voyelles et les consonnes en hauteurs et en ruptures de sifflement. Il porte sur plusieurs kilomètres, d'un versant de ravin à l'autre.
Son origine remonte aux Guanches, les habitants pré-hispaniques de l'archipel, qui sifflaient déjà une langue aujourd'hui perdue. Le système a été transposé à l'espagnol après la conquête et est resté l'outil de communication quotidien des bergers jusqu'à l'arrivée du téléphone.
Il a failli disparaître dans les années 1980. L'île l'a rendu obligatoire à l'école primaire en 1999, et l'Unesco l'a inscrit au patrimoine culturel immatériel en 2009. Plusieurs milliers de personnes le pratiquent aujourd'hui.
Pour l'entendre, plusieurs restaurants du centre de l'île et le centre des visiteurs du parc organisent des démonstrations. Ce n'est pas du folklore reconstitué : les siffleurs sont des habitants qui l'ont appris à l'école.
Les randonnées à La Gomera
Avec environ 600 km de sentiers balisés sur 370 km², La Gomera a la densité de chemins la plus forte de l'archipel après La Palma. Le GR 132 en fait le tour, le GR 131 la traverse.
Alto de Garajonay
El Cedro
Valle Gran Rey par les terrasses
Roque de Agando et les Roques
Hermigua à Agulo par la côte
Le tour de l'île, GR 132
Point pratique important : les sentiers relient souvent deux villages éloignés, et le réseau de bus est très limité. Les navettes de randonneurs, à réserver la veille auprès des hébergeurs, sont la solution locale pour les retours.
San Sebastián, Agulo et les villages de La Gomera
San Sebastián de La Gomera est la capitale, le port d'arrivée et le point de départ de tout séjour. C'est de là que Christophe Colomb est parti pour son premier voyage en 1492, après une escale de plusieurs semaines. La Torre del Conde, tour de 1447, et le puits où l'expédition fit son eau se visitent en une heure.
Agulo, au nord, est souvent présenté comme le plus beau village de l'île : des maisons blanches à toits de tuiles serrées sur une terrasse au-dessus de l'océan, avec le Teide en toile de fond. Hermigua, voisine, occupe une vallée de bananeraies encore en activité.
Vallehermoso, au nord-ouest, donne accès à Los Órganos, une falaise de colonnes basaltiques hautes de 80 mètres, formées par le refroidissement lent d'une coulée. Elle n'est visible que depuis la mer, par des sorties en bateau depuis Valle Gran Rey ou Vallehermoso.
Un mot sur les plages : elles sont courtes et de sable sombre, coincées entre des falaises. La Playa à Valle Gran Rey, Santiago au sud et la plage de San Sebastián sont les plus praticables. Ceux qui viennent pour le sable clair préféreront Fuerteventura.
Quand partir à La Gomera
Les températures côtières tiennent entre 18 et 27 degrés toute l'année, mais l'île se divise en deux mondes. Le nord, exposé aux alizés, vit sous la brume qui alimente la laurisylve. Le sud, à l'abri du relief, est nettement plus sec et plus ensoleillé.
| Période | Ce qui marche | Ce qui coince |
|---|---|---|
| Avril à juin | Laurisylve humide, sentiers praticables, peu de monde | Rien de notable |
| Juillet et août | Ciel dégagé au sud, mer à 22 degrés | Chaleur sur les sentiers exposés, affluence |
| Septembre et octobre | Mer à 23 degrés, forêt encore verte | Rien de notable |
| Novembre à mars | Forêt spectaculaire, tarifs bas | Sentiers glissants, pluies au nord |
La meilleure fenêtre est donc avril à juin, avec septembre et octobre juste derrière. Un point à connaître : le ferry depuis Los Cristianos peut être suspendu par mer forte, quelques jours par hiver. Si vous avez un vol de retour serré, gardez une marge. Le calendrier de l'archipel est détaillé dans notre guide quand partir aux Canaries.
La Gomera ou La Palma : laquelle choisir
Les deux îles occidentales sont souvent mises en balance, parce qu'elles répondent à la même envie : marcher, voir du vert, éviter les foules. Elles ne se ressemblent pourtant pas beaucoup.
| Critère | La Gomera | La Palma |
|---|---|---|
| Surface | 370 km² | 708 km² |
| Point culminant | 1 487 m | 2 426 m |
| Accès | Ferry depuis Tenerife, 50 min | Vol avec correspondance ou ferry |
| Paysage phare | Laurisylve de Garajonay | Caldera de Taburiente |
| Sentiers | Environ 600 km | Environ 1 000 km |
| Atout unique | Le silbo, langage sifflé Unesco | Le ciel protégé par la loi |
| Durée conseillée | 3 jours à une semaine | 4 jours à une semaine |
En résumé : La Gomera pour une escapade courte depuis Tenerife, avec la forêt comme sujet principal. La Palma pour un séjour plus long, avec plus de dénivelé, plus de variété et l'astronomie en prime. Pour enchaîner les deux îles, ou La Gomera avec Tenerife, les ferries et les durées sont dans notre guide pour combiner deux îles des Canaries.
Que manger à La Gomera
Deux produits n'existent qu'ici. L'almogrote, une pâte de fromage sec de chèvre, ail, huile et piment, qui se tartine sur du pain à l'apéritif. Et le miel de palma, un sirop brun tiré de la sève du palmier canarien, récolté par des guaraperos qui grimpent aux arbres.
Le miel de palma se sert sur le fromage frais, sur les desserts et parfois sur le poisson. Sa production est encadrée : seuls les palmiers de l'île et un nombre limité de récoltants sont autorisés, ce qui explique son prix.
Pour le reste, on retrouve le socle canarien avec des accents locaux. Le potaje de berros, une soupe de cresson, profite des sources permanentes de l'île, rares dans l'archipel. Les papas arrugadas accompagnent presque tout, et le poisson se commande dans les restaurants de port de Valle Gran Rey, Playa de Santiago et Vueltas.
Comptez 12 à 20 euros pour un menu du jour complet dans un restaurant de village. Les tables du fond de Valle Gran Rey affichent souvent des cartes végétariennes, héritage de la population alternative installée depuis les années 1970.
Visiter La Gomera en trois jours
Trois jours suffisent à voir l'essentiel sans courir, à condition de dormir sur place. La journée depuis Tenerife, très pratiquée, laisse à peine cinq heures utiles.
- 1
Jour 1 : San Sebastián et le centre
Arrivée par le ferry, tour de la capitale, puis montée vers le mirador de Roque de Agando et le centre des visiteurs de Juego de Bolas. Nuit à Hermigua ou dans le centre.
- 2
Jour 2 : Garajonay
Une journée de marche dans la laurisylve, avec El Cedro le matin et l'Alto de Garajonay l'après-midi. Retour par les miradors de la route centrale.
- 3
Jour 3 : Valle Gran Rey
Descente du ravin par la route, arrêt au mirador César Manrique, puis fond de vallée et plage. Sortie en bateau vers Los Órganos si le temps le permet.
Organiser son voyage à La Gomera
Comment aller à La Gomera
Aucun vol direct depuis la France. On passe par Tenerife, puis on prend le ferry à Los Cristianos vers San Sebastián : 50 minutes en fast ferry, une heure et demie sur le navire classique, avec plusieurs départs par jour. Un petit aéroport relié à Tenerife Nord par Binter existe aussi, mais le ferry permet d'embarquer une voiture.
Se déplacer sur l'île
La voiture est indispensable, et il vaut souvent mieux l'embarquer depuis Tenerife que d'en louer sur place, l'offre étant limitée. Les routes sont bonnes mais extrêmement sinueuses : comptez une heure de San Sebastián à Valle Gran Rey pour 50 km. Le réseau de bus dessert les villages principaux avec des fréquences faibles.
Où dormir
San Sebastián pour la proximité du ferry, Valle Gran Rey pour le soleil et l'ambiance, Hermigua ou Agulo pour le nord vert et l'accès à Garajonay, Playa de Santiago pour le secteur le plus ensoleillé. Les gîtes ruraux dominent l'offre. Comparer les hébergements par secteur donne rapidement l'ordre de prix.
Quel budget prévoir
| Poste | Par jour |
|---|---|
| Hébergement, gîte rural ou hôtel simple | 55 - 95 EUR |
| Voiture de location ou passage du véhicule | 20 - 35 EUR |
| Repas, menu du jour et courses | 35 - 60 EUR |
| Ferry aller-retour depuis Tenerife, deux adultes | 80 - 120 EUR |
- Chaussures à bonne accroche : la laurisylve reste glissante plusieurs jours après la pluie.
- Un imperméable léger, même quand il fait beau sur la côte sud.
- De l'eau pour la journée, les points de ravitaillement sont rares sur les sentiers.
- Réserver la navette de retour si vous marchez d'un village à un autre.
Le détail des prix aux Canaries se trouve dans notre guide du coût de la vie, et la page s'installer à La Gomera prend le relais pour un projet plus long.
