Drapeau rouge et poste de secours jaune sur une plage de sable face à l'Atlantique, îles Canaries
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Requins et dangers aux Canaries : ce que disent les chiffres

Sept attaques de requin recensées, aucune mortelle près des côtes. Le vrai risque tient dans un drapeau rouge.

Les vrais dangers aux Canaries, classés

Des requins, il y en a aux Canaries. Des attaques de requin près des plages, en revanche, presque jamais, et aucune n'a été mortelle. Ce qui tue ici, chaque année, c'est l'océan lui-même.

Ce qui pèse vraiment, en chiffres
Noyade
69 à 76morts en 2025
Le premier risque, de loin. Courants de retour, houle et baignade seul sur des plages non surveillées expliquent l'essentiel des cas.
Route
53morts en 2025
Moins que les noyades. Les routes de montagne demandent de l'attention, sans être dangereuses pour qui roule prudemment.
Physalies et méduses
0mort, des piqûres chaque année
Des brûlures douloureuses certaines semaines, surtout au printemps. Les plages concernées hissent un drapeau jaune ou ferment.
Requins
7attaques depuis les registres
Aucune mortelle près des côtes. Le décès de 2024 a eu lieu en pleine mer, à plus de 500 km de Gran Canaria.
Volcans
3éruptions en 80 ans
Toutes à La Palma, sans victime touristique. Tenerife est au feu vert, l'éruption se prépare des semaines à l'avance.

Sources : bilans de noyade 2025 de la Fédération espagnole de sauvetage et de la presse canarienne, registre historique des attaques de requin, Institut volcanologique des Canaries (Involcan).

Y a-t-il des requins aux Canaries ?

Oui. L'archipel est posé en plein Atlantique, à 100 km de l'Afrique, et ses eaux abritent plusieurs espèces. La plus présente est le requin-ange, un requin plat qui vit enfoui dans le sable à quelques mètres de fond. Il ne s'en prend pas aux baigneurs et les plongeurs viennent le voir exprès, surtout d'octobre à avril.

Plus au large passent le requin bleu, le requin-marteau et le mako, et parfois un requin-baleine, qui se nourrit de plancton. Ils approchent rarement du bord, en général pour chasser ou pendant la période de reproduction.

Combien d'attaques de requin aux Canaries ?

Depuis que les incidents sont recensés, les Canaries comptent sept attaques de requin, dont aucune mortelle : quatre à Gran Canaria, une à Tenerife, une à Fuerteventura et une sans lieu précis. À l'échelle de l'Espagne, le seul décès connu remonte à 1902, aux Baléares.

L'attaque de 2024 : ce qui s'est vraiment passé

C'est cette histoire qui remonte en tête des recherches. En septembre 2024, une Allemande de 30 ans a été mordue à la jambe par un requin et en est morte. Les titres parlaient d'une attaque « aux Canaries ».

En réalité, elle naviguait sur un catamaran britannique à 278 milles nautiques au sud-ouest de Gran Canaria, soit plus de 500 km, en haute mer au large de l'Afrique. L'hélicoptère l'a évacuée vers Las Palmas, d'où l'association avec l'archipel.

Rien à voir, donc, avec une baignade depuis une plage.

Les requins aperçus près des plages

Deux épisodes récents ont tourné en vidéo sur les réseaux. En juin 2024 à Gran Canaria, un requin-marteau a été repéré près des plages de Melenara, Salinetas et San Agustín. Les sauveteurs ont hissé le drapeau rouge, fait sortir les baigneurs et vérifié la zone en jet-ski et au drone. Les plages ont rouvert le lendemain à 10 h, sans aucun blessé.

En juillet 2025 à Fuerteventura, un requin de deux à trois mètres a mordu un pratiquant de foil à environ 3 km de la côte ouest, entre El Cotillo et Los Molinos. L'aileron du foil, visible sous l'eau, a probablement été pris pour une proie. La plaie a été recousue et le sportif n'a pas eu de séquelle grave.

Le vrai danger : les courants et la houle

Chaque année, 70 à 80 personnes se noient aux Canaries, plus que de morts sur la route. En 2025, c'était le deuxième bilan régional d'Espagne.

Beaucoup de victimes sont des visiteurs qui abordent l'Atlantique comme une Méditerranée plus chaude. Il ne l'est pas.

Sauveteur et son quad au pied d'un poste de secours jaune, drapeau rouge hissé face à une mer agitée, Canaries
Un drapeau rouge par ciel couvert et mer formée. Sur les plages exposées, la houle peut se lever en quelques heures même quand il fait beau.

Trois situations concentrent les accidents. Les courants de retour, d'abord : l'eau ramenée par les vagues repart vers le large dans un couloir étroit, assez fort pour emporter un bon nageur. Ensuite la houle d'hiver, de novembre à mars, sur les côtes nord et ouest. Enfin les piscines naturelles et les rochers, où une série de vagues plus grosses que les autres balaie tout d'un coup.

Les plages du sud de Tenerife et de Gran Canaria, abritées et surveillées, sont les plus sûres pour les familles. Sur la côte ouest de Fuerteventura ou au nord de Lanzarote, les plages sont souvent sauvages et prennent la houle de face. Pour situer les côtes exposées, la carte des Canaries montre l'orientation de chaque île. À Lanzarote, notre guide des plages de Lanzarote indique pour chacune le sable, la surveillance et les jours où s'y baigner.

Pris dans un courant : les bons gestes

  1. 1

    Ne pas nager contre le courant

    C'est le réflexe qui épuise. Le courant ne vous tire pas vers le fond, il vous emmène vers le large.

  2. 2

    Se laisser porter et flotter

    Sur le dos, en économisant l'énergie. Le couloir de courant est étroit et faiblit en général à quelques dizaines de mètres du bord.

  3. 3

    Nager parallèlement à la plage

    Pour sortir du couloir, puis revenir vers le bord en profitant des vagues.

  4. 4

    Lever un bras et appeler

    C'est le signal que les sauveteurs surveillent. Depuis la plage, appelez le 112 plutôt que d'aller chercher la personne à la nage.

Les drapeaux de plage aux Canaries

Le code est le même dans toute l'Espagne. Il est hissé au poste de secours et vaut pour toute la plage, y compris si l'eau paraît calme devant vous.

  • Drapeau vert

    Baignade autorisée

    La mer est calme et la plage surveillée. Restez dans la zone balisée.

  • Drapeau jaune

    Baignade avec précaution

    Houle, courant ou animaux signalés. On se baigne près du bord, sans s'éloigner, et jamais seul.

  • Drapeau rouge

    Baignade interdite

    L'interdiction est formelle et les sauveteurs font sortir les baigneurs. Une amende est possible.

  • Drapeau de faune marine

    Méduses ou physalies présentes

    Hissé avec le jaune ou le rouge selon la quantité. C'est le drapeau qu'on voit lors des arrivées de physalies.

Le pavillon bleu, souvent planté à côté, n'est pas un signal de baignade : c'est un label environnemental qui récompense la qualité de l'eau et des équipements. Et une plage sans drapeau n'est pas une plage sans risque, c'est une plage sans surveillance.

Méduses et physalies aux Canaries

La physalie, ou galère portugaise, est le seul animal marin qui fait régulièrement fermer des plages. Ce n'est pas une méduse mais une colonie d'organismes, avec un flotteur bleu violacé et des filaments urticants qui peuvent dépasser plusieurs mètres.

Physalie au flotteur bleu échouée sur une plage de sable volcanique sombre
Échouée, elle pique encore. Les sauveteurs le répètent : on ne la touche pas, même si elle semble morte.

Elles arrivent par vagues, poussées par les vents d'ouest et de sud, le plus souvent en fin d'hiver et au printemps. En avril 2026, trois plages de Santa Cruz de Tenerife ont gardé le drapeau jaune et le drapeau de faune plusieurs jours. Des physalies ont été vues à Las Canteras en avril 2025, et Playa Blanca, à Fuerteventura, a déjà fermé pour la même raison.

Piqûre de physalie : que faire

  • Sortir de l'eau et prévenir le poste de secours.
  • Rincer à l'eau de mer, jamais à l'eau douce, qui libère davantage de venin.
  • Retirer les filaments avec une pince ou une carte, sans frotter ni toucher à mains nues.
  • Appliquer de l'eau chaude ou du chaud supportable pour calmer la douleur.
  • Appeler le 112 en cas de gêne respiratoire, de malaise ou chez un enfant piqué sur une grande surface.

Sur les rochers et dans les piscines naturelles, les oursins causent bien plus de petites blessures. Des chaussures d'eau règlent la question.

Volcans, séismes et tsunami : quel risque ?

Les Canaries sont des îles volcaniques actives, mais les éruptions y sont rares et annoncées. Depuis 1949, l'archipel en a connu trois à terre, toutes à La Palma : San Juan en 1949, Teneguía en 1971 et Tajogaite en 2021. S'y ajoute une éruption sous-marine au large d'El Hierro en 2011.

Chaque île dispose d'un feu volcanique, le semáforo, géré par le gouvernement canarien sur avis de l'Institut volcanologique. En juillet 2026, les autorités ont confirmé que Tenerife restait au vert malgré des essaims de petits séismes sous Las Cañadas del Teide, tous de très faible magnitude.

Le feu volcanique par île, été 2026
ÎleNiveauCe que ça veut dire pour un voyageur
La PalmaJauneSurveillance renforcée depuis 2021, aucune restriction pour visiter
TenerifeVertMicro-séismes suivis de près, aucun signe d'éruption à court terme
Gran Canaria, Lanzarote, FuerteventuraVertAucune activité notable
La Gomera, El Hierro, La GraciosaVertAucune activité notable

Une éruption se prépare pendant des semaines, avec une montée des séismes et des déformations du sol mesurées au millimètre. Celle de 2021 a détruit des maisons mais n'a fait aucune victime directe, et l'aéroport de La Palma a rouvert par intermittence. Pour visiter l'île aujourd'hui, notre guide La Palma détaille les coulées accessibles.

Le scénario du tsunami géant lié à un effondrement de La Palma, qui circule depuis les années 2000, est jugé extrêmement improbable par les volcanologues. Les séismes ressentis par la population restent rares et faibles.

Sécurité générale : vols, routes, randonnée, calima

Les Canaries sont une destination sûre, avec un niveau de criminalité inférieur à celui des grandes villes européennes. Les ennuis les plus fréquents sont ceux de toute zone touristique.

Vols et arnaques

Vols à la tire dans les foules de Playa de las Américas ou de Maspalomas, sacs laissés sur la plage pendant la baignade, et surtout vols dans les voitures de location garées aux départs de randonnée. Ne laissez rien dans l'habitacle, et sur un parking isolé, rien non plus dans le coffre.

Routes de montagne

Lacets, virages sans visibilité, cyclistes et bus sur des routes étroites : la route de Masca ou celles de La Gomera demandent de la concentration. Rien d'insurmontable, mais comptez large sur les temps de trajet. Notre guide de la location de voiture à Tenerife aide à choisir un loueur et une assurance sans mauvaise surprise.

Randonnée, chaleur et altitude

Les secours interviennent régulièrement pour des randonneurs partis sans eau, en sandales ou tard dans la journée. Au Teide, l'altitude dépasse 3 700 mètres et il peut geler la nuit, même en été : notre guide pour monter au Teide détaille l'équipement exigé. Partez tôt, avec deux litres d'eau, et vérifiez que le sentier est ouvert : certains ferment après des pluies ou des incendies.

Calima et soleil

La calima, ce vent chargé de sable saharien, dégrade la qualité de l'air quelques jours par an. Elle gêne surtout les personnes asthmatiques. Nous détaillons sa fréquence dans le guide quand partir aux Canaries. Le soleil, lui, est un risque de chaque jour : l'indice UV monte à 10 ou 11 en été et l'alizé masque la brûlure.

Urgences et santé : les réflexes à connaître

Les Canaries étant en Espagne, la carte européenne d'assurance maladie donne accès aux hôpitaux et centres de santé publics comme à un assuré local. Elle ne couvre ni les cliniques privées, très présentes dans les zones touristiques, ni l'évacuation en hélicoptère depuis un sentier, ni le rapatriement.

Pour un séjour avec randonnée, plongée ou sports nautiques, une assurance voyage complète utilement la carte européenne. Les formules sont comparées dans notre comparateur d'assurances.

Questions fréquentes sur les dangers aux Canaries

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