Les incontournables à Gran Canaria
Gran Canaria mesure 50 km de diamètre et culmine à 1 949 mètres au Pico de las Nieves. Cette configuration en cône donne à l'île sa réputation de continent miniature : on passe des dunes de sable aux forêts de pins en une heure de route, en traversant quatre étages de végétation.
| Site | Où | Temps à prévoir | Effort |
|---|---|---|---|
| Roque Nublo | Centre | 2 heures | 45 min de marche facile |
| Dunes de Maspalomas | Sud | 2 à 3 heures | Marche sur sable |
| Vegueta et Triana, Las Palmas | Nord-est | Une demi-journée | Aucun |
| Puerto de Mogán | Ouest | Une demi-journée | Aucun |
| Tejeda et la caldeira | Centre | Une demi-journée | Route sinueuse |
| Plage de Las Canteras | Las Palmas | Une demi-journée | Aucun |
| Barranco de Guayadeque | Est | Une demi-journée | Aucun |
| Plage de Güigüí | Ouest | Une journée | Bateau ou 4 h de marche |
Le classement compte, parce que la plupart des visiteurs commettent la même erreur : ils s'installent dans le sud, y restent, et repartent en n'ayant vu qu'une station balnéaire. Le sud vaut pour son soleil garanti et ses plages, mais ce qui rend Gran Canaria singulière se trouve au centre, sur les routes qui montent vers Tejeda.
L'île est aussi la deuxième plus peuplée de l'archipel avec 850 000 habitants, dont 380 000 dans la seule agglomération de Las Palmas. Cela change l'expérience par rapport à La Palma ou El Hierro : ici, il y a une vraie ville, avec ses musées, ses restaurants et son quartier historique.
Le Roque Nublo et le centre de Gran Canaria
Le Roque Nublo est un monolithe de 80 mètres posé sur un plateau à 1 813 mètres d'altitude. C'est le vestige d'une cheminée volcanique dont l'érosion a emporté le cône autour, et le symbole visuel de l'île. Il se voit depuis la moitié du territoire.
L'accès est plus simple qu'il n'y paraît. Le parking de La Goleta, sur la route de Tejeda, met le sommet à 45 minutes de marche sur un sentier large et bien tracé, avec 150 mètres de dénivelé. C'est faisable avec des enfants. Par temps clair, le Teide apparaît au-dessus de la mer de nuages, à 130 km de là.
Autour, le village de Tejeda s'accroche au bord de la caldeira, à 1 000 mètres. Ses maisons blanches, ses amandiers en fleur en janvier et février, et sa vue sur le Roque Bentayga en font l'une des plus belles haltes de l'archipel. La route qui y mène, la GC-60, est un enchaînement de virages spectaculaires depuis Maspalomas.
Un peu plus haut, le Pico de las Nieves à 1 949 mètres offre le panorama le plus large de l'île. Le mirador est accessible en voiture, ce qui en fait le meilleur rapport effort sur vue de Gran Canaria. Il fait souvent 10 degrés de moins qu'à Maspalomas : prévoyez une couche supplémentaire.
Les dunes de Maspalomas et le sud de l'île
Les dunes de Maspalomas couvrent 400 hectares entre Playa del Inglés et le phare, et forment une réserve naturelle depuis 1987. Ce n'est pas du sable venu du Sahara comme on l'entend souvent, mais un sable marin d'origine biogénique, remonté par les courants et remodelé par les alizés.

La traversée se fait à pied, du centre commercial de Playa del Inglés jusqu'au phare de Maspalomas, en une heure environ. Restez sur les cheminements balisés : le hors-piste dégrade les zones de végétation qui retiennent le sable, et la réserve perd déjà du terrain chaque année.
Le sud, c'est aussi la zone touristique historique de l'île, développée à partir des années 1960. Playa del Inglés et Puerto Rico concentrent les grands complexes hôteliers. Amadores, plage artificielle en croissant, offre l'eau la plus calme de l'île, ce qui en fait la valeur sûre avec de jeunes enfants.
Le soleil y est statistiquement garanti : le sud reçoit plus de 300 jours de soleil par an, alors que le nord vit sous la panza de burro, cette couverture nuageuse que les alizés plaquent contre le relief. C'est la raison pour laquelle les hôtels se sont installés là et nulle part ailleurs.
Réserver dans le sud de Gran Canaria
Les activités du sud se réservent facilement à l'avance, ce qui évite les comptoirs de front de mer et leurs marges.
Balade à dromadaire dans les dunesEn bordure de la réserve, sur un parcours balisé qui ne traverse pas les zones de végétation fixée.4,5 sur 5, 5 263 avis · 30 min · annulation gratuite18 €par personne
Sous-marin à Puerto de MogánQuarante minutes sous la surface au départ du port. La formule qui marche le mieux avec des enfants.4,4 sur 5, 4 464 avis · 40 min · annulation gratuite38 €par personne
Catamaran et arrêt snorkelingSortie dans les eaux abritées du sud-ouest, là où dauphins et baleines pilotes sont résidents.4,4 sur 5, 6 154 avis · 3,5 h · annulation gratuite38 €par personne
Buggy dans les barrancosPour voir l'intérieur montagneux sans conduire soi-même les lacets de la GC-60.4,8 sur 5, 3 728 avis · 2 à 2,5 h · annulation gratuite65 €par personne
Que faire à Las Palmas de Gran Canaria
Avec 380 000 habitants, Las Palmas est la plus grande ville des Canaries et l'une des plus peuplées d'Espagne. Elle n'a rien d'une station balnéaire : c'est un port de commerce, une ville universitaire, et le siège d'une bonne partie de l'administration de l'archipel.

Vegueta est le quartier fondateur, créé en 1478, et le plus ancien noyau urbain des Canaries. On y trouve la cathédrale Santa Ana, dont la tour se visite, et la Casa de Colón, installée dans l'ancienne résidence du gouverneur où Christophe Colomb aurait fait escale en 1492. Le marché de Vegueta, le samedi matin, reste une adresse locale plus qu'un décor.
Juste au nord, Triana est la rue commerçante piétonne, bordée d'immeubles modernistes du début du XXe siècle. Le musée Néstor et le parc Doramas s'y trouvent à quelques minutes de marche.
Et puis il y a Las Canteras, trois kilomètres de sable en plein centre-ville, protégés de la houle par une barre rocheuse naturelle appelée La Barra. À marée basse, elle transforme la baie en lagon. C'est l'une des rares plages urbaines d'Europe où l'on peut faire du snorkeling à cinq minutes d'un arrêt de bus.
Puerto de Mogán et l'ouest de Gran Canaria
Surnommé la petite Venise des Canaries, ce que le lieu ne mérite qu'à moitié, Puerto de Mogán est un port de pêche transformé en marina, avec des canaux, des passerelles et des maisons basses couvertes de bougainvilliers. C'est touristique, mais construit à taille humaine, sans les tours de béton du sud-est.

Le marché du vendredi matin est le plus fréquenté de l'île. Le port sert aussi de point de départ aux sorties d'observation des cétacés : les eaux du sud-ouest abritent des dauphins toute l'année et des baleines pilotes en résidence.
Plus au nord, la côte devient sauvage. La plage de Güigüí, isolée au pied de falaises de 400 mètres, ne se rejoint qu'en bateau depuis Puerto de Mogán ou par quatre heures de marche exigeante. Il n'y a rien sur place : ni buvette, ni ombre, ni réseau. C'est pour cela qu'elle est restée ce qu'elle est.
Les plus belles plages de Gran Canaria
L'île compte près de 60 kilomètres de plages, réparties entre sable doré au sud et sable sombre au nord. Le choix dépend surtout de deux choses : la houle et le vent, qui varient radicalement d'une façade à l'autre.
Las Canteras, Las Palmas
Maspalomas, sud
Amadores, sud-ouest
Güigüí, ouest
Playa del Confital, Las Palmas
Playa de Güi Güi Chico et Tasarte, ouest
Un point à connaître : le nord et l'est sont exposés aux alizés, ce qui rend la baignade agitée mais fait le bonheur des véliplanchistes à Pozo Izquierdo, site de coupe du monde. Le sud est abrité, plus chaud, plus calme.
Visiter Gran Canaria en une semaine
L'île se traverse en une heure et demie du nord au sud, mais les routes de montagne divisent la vitesse par deux. L'itinéraire ci-dessous limite les allers-retours en regroupant les journées par secteur.
- 1
Jour 1 et 2 : Las Palmas et le nord
Vegueta, la cathédrale, la Casa de Colón, puis Las Canteras en fin de journée. Le deuxième jour, remontez vers Arucas et sa cathédrale de pierre bleue, puis Agaete et ses piscines naturelles.
- 2
Jour 3 : le centre par la GC-21
Montée vers Tejeda, arrêt au mirador de Degollada de Becerra, puis Roque Nublo en fin d'après-midi pour la lumière. Nuit à Tejeda ou Artenara si vous voulez le ciel étoilé.
- 3
Jour 4 : Pico de las Nieves et Guayadeque
Le sommet le matin, puis descente vers le barranco de Guayadeque et ses habitations troglodytes encore occupées. Déjeuner dans un restaurant creusé dans la roche.
- 4
Jour 5 : Maspalomas et le sud
Traversée des dunes jusqu'au phare, puis après-midi de plage. Coucher de soleil depuis la Charca de Maspalomas, la lagune derrière les dunes.
- 5
Jour 6 : Puerto de Mogán et l'ouest
Le port le matin, éventuellement une sortie en mer. Retour par la route côtière avec arrêt à Puerto Rico ou Amadores.
- 6
Jour 7 : au choix
Randonnée dans la caldeira de Bandama, journée plage, ou excursion en bateau vers Güigüí si la météo le permet.
Les randonnées à Gran Canaria
Le centre de l'île est classé réserve de biosphère depuis 2005, et le paysage culturel de Risco Caído est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2019. Le réseau de sentiers y suit souvent les anciens chemins des populations pré-hispaniques.
- Roque Nublo depuis La Goleta, 3 km aller-retour, 45 minutes de montée. L'incontournable, faisable en famille.
- Caldera de Bandama, descente de 200 mètres dans un cratère parfaitement circulaire, près de Las Palmas. Deux heures.
- Barranco de las Vacas, un canyon aux parois striées près d'Agüimes, comparable à un slot canyon américain. Vingt minutes depuis la route.
- Artenara à Tejeda par le Camino de la Cruz, 8 km de crête avec vue permanente sur le Roque Bentayga.
- Güigüí depuis Tasartico, 14 km aller-retour et 700 mètres de dénivelé. La randonnée la plus exigeante de l'île, à faire tôt et avec de l'eau.
La règle locale vaut ici comme ailleurs dans l'archipel : la météo du sommet n'est pas celle de la côte, et le brouillard peut monter en une demi-heure sur le versant nord. Regardez la prévision du point de départ, pas celle de votre hôtel.
Le nord de Gran Canaria, le versant que personne ne visite
Le nord vit sous la panza de burro, littéralement le ventre d'âne : la couche de nuages gris que les alizés plaquent contre le relief une partie de l'année. C'est ce qui l'a sauvé du tourisme de masse, et ce qui explique qu'il soit vert quand le sud est ocre.
Arucas, à vingt minutes de Las Palmas, aligne ses maisons autour d'une église néogothique en pierre volcanique bleue, si imposante qu'on l'appelle la cathédrale alors qu'elle n'en est pas une. La ville vit du rhum depuis 1884 et la distillerie Arehucas se visite, fûts signés compris.
Agaete, sur la côte nord-ouest, combine un port de ferry vers Tenerife, des piscines naturelles taillées dans la lave aux Puertas de las Nieves, et la seule vallée d'Europe où l'on cultive du café en pleine terre. Les plantations du Valle de Agaete se visitent et vendent leur production sur place.
À l'est, le barranco de Guayadeque creuse un ravin de 15 km où l'on vit encore dans des habitations troglodytes. Ce ne sont pas des vestiges : des maisons, une chapelle et deux restaurants y sont creusés dans le tuf et occupés aujourd'hui. C'est l'endroit le plus dépaysant de l'île, et l'un des moins fréquentés.
Le nord se termine sur Firgas et sa rue en cascade, et sur Teror, village de pèlerinage aux balcons de bois ouvragés, dont le marché du dimanche attire toute l'île pour son chorizo et ses pâtisseries.
Gran Canaria en famille : ce qui marche avec des enfants
L'île est l'une des plus faciles de l'archipel avec des enfants, pour trois raisons concrètes : les distances sont courtes, les plages du sud sont abritées, et les infrastructures sont celles d'un territoire de 850 000 habitants.
Plages sans vagues
Le Roque Nublo
Guayadeque et ses grottes
Sortie dauphins depuis Mogán
Deux points de vigilance. Le soleil du sud est plus agressif que sa température ne le laisse croire, parce que l'alizé rafraîchit la peau pendant que l'UV travaille. Et les routes de montagne sont très sinueuses : si un enfant est sujet au mal des transports, montez au centre par la GC-15 depuis le nord plutôt que par la GC-60 depuis Maspalomas.
Que manger à Gran Canaria
Le socle est canarien : papas arrugadas, ces petites pommes de terre cuites dans l'eau très salée, servies avec un mojo rouge au piment ou vert à la coriandre. Le gofio, farine de céréales grillées, se retrouve partout, en accompagnement ou en dessert.
Trois produits sont spécifiques à l'île. Le queso de flor de Guía, un fromage de brebis caillé à la fleur de chardon, protégé par une appellation. Le ron de Arucas, distillé depuis 1884 à partir de la canne cultivée sur place. Et le café d'Agaete, le seul produit en Europe en pleine terre, vendu directement par les plantations.
Pour manger, deux réflexes. Les guachinches et restaurants de village du centre servent un menu du jour complet entre 12 et 18 euros, souvent meilleur que la carte des zones touristiques. Et le poisson se commande au port : Agaete, Arguineguín et Puerto de Mogán, facturé au poids et grillé entier.
Quand partir à Gran Canaria
Les températures côtières oscillent entre 18 et 27 degrés toute l'année, ce qui vaut à l'île son surnom d'île au printemps éternel. La vraie variable n'est pas le mois, c'est le versant : le sud est sec et ensoleillé, le nord est plus frais et plus nuageux, en toute saison.
| Période | Ce qui marche | Ce qui coince |
|---|---|---|
| Mars à mai | Amandiers puis végétation verte, randonnée idéale | Rien de notable |
| Juin à août | Mer la plus chaude, ciel dégagé partout | Affluence, prix hauts, chaleur en montagne |
| Septembre à novembre | Mer encore à 23 degrés, sites moins fréquentés | Averses possibles au nord en novembre |
| Décembre à février | Soleil au sud, tarifs bas hors fêtes | Panza de burro au nord, sommets froids |
Les deux meilleures fenêtres sont mars à mai et septembre à novembre. Un phénomène à connaître : la calima, un vent de sable saharien qui peut survenir quelques jours par an, surtout entre février et mars, et qui réduit la visibilité et la qualité de l'air. Le détail saison par saison est dans notre guide quand partir aux Canaries.
Organiser son voyage à Gran Canaria
Comment aller à Gran Canaria
L'aéroport de Gran Canaria (LPA) reçoit des vols directs depuis Paris, Lyon, Marseille, Bruxelles et Genève, avec une durée de vol de 4 h 15 à 4 h 45 depuis Paris. C'est l'une des trois îles bien desservies depuis la France, avec Tenerife et Lanzarote. L'aéroport se trouve à mi-chemin entre Las Palmas et le sud, environ 25 minutes de route de chaque côté.
Se déplacer sur l'île
La voiture est nécessaire dès que vous quittez la capitale. Le réseau Global relie correctement Las Palmas au sud par l'autoroute GC-1, mais laisse le centre montagneux très mal desservi. Les routes sont excellentes, simplement lentes en altitude : comptez 1 h 30 de Las Palmas à Maspalomas par la montagne, contre 45 minutes par l'autoroute.
Où dormir
Le choix du secteur détermine le séjour. Las Palmas pour la ville, les restaurants et Las Canteras. Maspalomas et Playa del Inglés pour le soleil garanti et les grands hôtels. Puerto de Mogán pour une base plus calme à l'ouest. Tejeda ou Artenara pour une nuit en montagne, sous un ciel très noir. Comparer les hébergements par secteur donne rapidement l'écart de prix entre le sud et le reste de l'île.
Quel budget prévoir
| Poste | Par jour |
|---|---|
| Hébergement, hôtel milieu de gamme | 70 - 120 EUR |
| Voiture de location | 20 - 35 EUR |
| Repas, menu du jour et courses | 40 - 70 EUR |
| Visites, excursions, sorties en mer | 0 - 50 EUR |
Gran Canaria se situe au milieu de l'échelle des Canaries : plus abordable que Tenerife Sud sur l'hébergement, plus chère que les îles occidentales. Le détail par poste se trouve dans notre guide du coût de la vie aux Canaries. Et si l'île vous donne envie d'y rester, la page s'installer à Gran Canaria prend le relais.
